LMA#11 — The American Way(1)

(c) Life of pix

Découvrir un pays, ce sont quelques grandes surprises mais aussi et surtout une multitude de petits étonnements… C’est ce que je propose de vous faire partager dans la série The American Way que je complèterai régulièrement. On n’est jamais loin de la caricature, mais tout aussi près de la réalité !

Ici on ne dit pas “good bye”

C’est un détail mais, en France, quand vous quittez un magasin, un vendeur, un caissier, vous dites “merci, au revoir”. Or, j’ai bien senti qu’il y avait comme un flottement quand je disais “bye bye”, et surtout on ne me répondait jamais ! Ce n’est pourtant pas le genre des Américains (voir LMA#5). Avec le temps, j’ai réalisé qu’on souhaitait plutôt une bonne journée à son interlocuteur : “have a good day !” ou sa variante “have a good one !”. D’ailleurs, connaissez-vous l’origine de good bye ? C’est une contraction de “God be with you” (Dieu soit avec vous). L’originel “God be with ye” est devenu “God bwye” puis aboutir à l’actuel “Good bye”.

Ici on n’indique pas forcément les prix

J’avoue que cela fait partie des petits détails qui me tapent sur le système. Bien sûr, quand vous faites vos courses au supermarché, les prix sont indiqués. Mais que ce soit au marché, dans certains magasins, pour des services, il est très fréquent d’avancer à l’aveugle, ce qui nous paraît incroyable à nous français. Il faut demander.

Ici on affiche le prix hors taxe

…Et quand les prix sont indiqués, il s’agit en fait du prix : 1/ hors “sales tax” qui, selon les types de produits et services, et selon l’Etat, diffère. Quand vous achetez de l’électroménager, par exemple, sans parler d’une voiture, ça peut vite faire évoluer l’adition ! ; 2/ hors frais de service, notamment en ce qui concerne la restauration mais pour à peu près tous les services. Votre interlocuteur attend que vous ajoutiez au moins 15%. OK, ça fait travailler le calcul mental. OK, il n’y a pas ici le syndrome du serveur de café parisien récalcitrant. Mais bon, quelle barbe !

Ici on vit à l’intérieur

J’ai beau vivre dans un quartier à la végétation luxuriante et où il y a de beaux jardins, j’ai été surprise au début de constater que, à déjeuner dehors au moindre rayon de soleil, on n’entendait aucun bruit venant des jardins alentour. Force est de constater que l’Américain vit principalement dans sa maison et sa clim’. Comme son chien d’ailleurs…

Ici on ramasse les crottes

A propos de chien… Quel bonheur de ne pas devoir surveiller le trottoir à chacun de ses pas de peur de glisser sur une crotte de chien ! Je ne saurais vous dire si cela a toujours été ou s’il y a eu une prise de conscience à un moment donné (et donc beaucoup plus précocement qu’en France…), mais le propriétaire de chien ne sort jamais sans ses petits sacs à crotte et les ramasse systématiquement, même si c’est dans votre jardin. Car…

Ici on ne clôture pas son jardin

On a tous cette image du jardin à l’américaine complètement ouvert. C’est le cas très souvent. Mais il y a en fait la plupart du temps une séparation entre le “front yard” : le côté du jardin qui se trouve entre la rue et la maison, quasiment tout le temps sans barrière, et le “backyard”, régulièrement ceint d’une clôture plus ou moins haute et/ou opaque. Il est surprenant de voir des maisons en bord de routes pourtant passantes, qui ne sont pas clôturées. Egalement, on trouve côté rue un porche cosy avec, qui une balancelle, qui des rocking chairs, et le plus souvent des “adirondacks” (très à la mode), ce qui ne nous viendrait jamais à l’idée hormis pour les anciens dans les petits villages. Ici on vit devant. Enfin, quand on est dehors bien sûr, comme expliqué plus haut : la balancelle fait en fait souvent partie de la déco !

Ici on se promène avec sa boisson

L’Américain sort rarement sans sa gourde isotherme ou son verre avec couvercle, rempli de sa boisson préférée. Surtout pas d’eau, ça rouille. Mais un café long bien sucré, latte ou pas, un soda, un jus de légume détoxifiant… ou encore un peu de vin pour agrémenter la balade sur la plage ! Tous les caddies de supermarché sont équipés d’un support à boisson, de même que toutes les voitures. Et ne voyez aucun affront à ce que votre voisin passe vous voir avec, lui aussi, sa fameuse gourde à la main. Non, il n’a pas peur de s’intoxiquer, non il n’a pas été traumatisé par le dernier café ristretto que vous lui aviez servi, c’est juste “how it is”…

Ici on ne cuisine pas

Aïe, j’aborde un sujet sensible pour tout français qui se respecte, la nourriture. Il ne faut pas se mentir, nous ne sommes pas tous des cordons bleus et faisons appel régulièrement à l’ami Picard ou à la purée Mousseline. Mais, en comparaison, nous sommes TOUS des cordons bleus. L’Américain a, dans les années 70, arrêté de se faire à manger au fur et à mesure que l’industrie agroalimentaire démultipliait son offre. D’où l’obésité et le diabète qui se sont développés dramatiquement dans ce pays. Car tout est hyper sucré et salé, et il est parfois très difficile de comprendre de quoi est fait ce qu’on mange. Quant à la restauration parfois proposée dans les écoles, elle fait rêver l’ado français de base pendant quelques jours : pizza, burger, frites. Mais jamais très longtemps. On est très loin des “5 fruits et légumes par jour”. A tel point que la tomate sur la pizza est considérée comme LE légume !

Ici on va souvent au restaurant

Effet collatéral du point précédent, la restauration est un pan très important de l’activité économique (environ 4% du GDP), que ce soit au travers des grandes chaînes de restauration rapide comme des indépendants. Et si l’on va dans certains restaurants plus haut de gamme (et vite très onéreux) pour passer une bonne soirée, on va surtout au restaurant pour… se nourrir rapidement. Et on y commande souvent des plats à emporter. Les portions sont aussi impressionnantes que dans les clichés. Mais on repart avec son “doggy bag” si l’on n’a pas terminé, idem pour la bouteille de vin. Le restaurant est aussi le lieu où l’on se retrouve car les Américains reçoivent très peu chez eux. La restauration fait partie de l’american dream. Nul besoin de diplôme pour monter son resto d’une part ; possibilité pour les personnes issues de l’immigration de monter un business à partir de leur tradition culinaire d’autre part : les success stories ne sont pas rares de restaurateurs ayant commencé avec un restaurant pour arriver à une chaîne de restaurants à l’échelle du pays.

L’effet Covid est évidemment dévastateur. Beaucoup ont développé contraints-forcés mais avec beaucoup d’agilité les ventes à emporter pendant la période de confinement. Cette activité était en effet considérée comme “essentielle”. Mais après avoir pu rouvrir en mode dégradé en suivant les contraintes sanitaires, nombre de chaînes comme d’indépendants ont déjà fermé.


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