LMA#20 – La Star Camping-Car

Le camping-car fait partie de l’imaginaire de tout Français prévoyant un road-trip aux Etats-Unis. A juste titre : c’est un moyen idéal pour parcourir les grands espaces américains, et… les grands espaces américains rendent moins intimidante la conduite d’un camping-car !

Première correction importante : malgré la sonorité anglaise du mot camping car, il s’agit là d’un faux ami… On parle ici de RV, prononcez “are — vi”, pour “Recreational Vehicle. Le terme exact est “motorhome”, parce que le terme “RV” inclus également les caravanes, mais RV est toute même principalement utilisé pour les camping-cars.

Le camping-car américain est-il un mythe ou une réalité ?

Je réponds : réalité ! Il suffit de sortir des grandes villes pour réaliser à quel point le RV fait partie de la vie américaine. Jetez un œil dans les jardins et vous y verrez dormir un camping car ou une caravane (moins souvent). Et ce, quelles que soient les classes sociales, ou presque : on est surpris de trouver des RV confortables dans des jardins de maisons modestes, mais parfois tout aussi surpris d’en voir dans les cours de maisons luxueuses. Il s’agit bien là d’un mode de vacances bien installé et même en forte progression, boosté par la crise Covid.

Quelques chiffres pour vous donner un meilleur aperçu :

  • 11,2 millions de foyers américains possèderaient un RV, soit presque 3,5% de la population !!!
  • 577.000 ventes de RV neufs prévues d’ici la fin de l’année 2021, soit +35% par rapport à 2020 qui avait déjà enregistré 6% de hausse.
  • 26% des américains prévoiraient un road trip en RV dans l’année

Ca donne le tournis, non ? Je vous ai déjà dit qu’ici on voit tout en grand — le camping-car n’échappe pas à la règle. Si les “camper-vans” et autres utilitaires aménagés ont la cote, c’est plutôt le “big rig”, le gros engin, qu’on privilégie. Et là, pas de limite, on voit vraiment des monstres, avec extensions coulissantes sur les côtés, une terrasse extensible avec paravent ou moustiquaire, abritant même parfois un jacuzzi ! Le plus surprenant ? Quand le camping-car tire une voiture ! Genre gros 4×4 tant qu’à faire… Mais il porte aussi kayaks, paddles, et autres vélos bien sûr.

Il ne faudrait pas confondre avec du camping !

J’avoue ne pas être une adepte du camping : j’aime mon confort. Mais j’ai succombé aux charmes et atouts du camping-car aux Etats-Unis. Tout est bien conçu, optimisé, le moindre recoin est utilisé pour stocker les affaires. Un grand coffre peut contenir une table de camping et des chaises. Vous profitez de votre propre douche et de vos toilettes. Autre argument non négligeable pour les français que nous sommes : on peut se faire à manger et ainsi éviter de succomber par overdose de hamburgers et autres burritos.

On trouve 3 types principaux de camping-car :

  • le “class A : le bus de tourisme ou presque ! Il en a le châssis et la forme. Côté longueur, on atteint rapidement les 10 à 13m de long ! Un auvent par-ci, une extension par-là, des branchements pour tout, et bien sûr la sacro-sainte télé : on cherche avant tout le confort. Ils peuvent souvent accueillir 6 à 8 passagers, mais en hébergent généralement 2, plutôt retraités.
  • le “class B : le plus bobo, un peu moins cher aussi. Un utilitaire adapté et aménagé. C’est le fameux camper-van, descendant du camper Volkswagen. Le but est en général de caser le plus de rangement et le plus de couchages possibles dans le plus petit espace. On y perd en confort, mais il passe partout contrairement aux class A et C, y compris en ville, et il se gare également à peu près partout. De 2 à 4 personnes.
  • le “class C : le plus répandu à la location. On le reconnait par la couchette au-dessus du poste de conduite. Il a aussi une vraie chambre indépendante. D’autres couchages s’organisent à partir des sièges de la pièce de vie, permettant de loger jusqu’à 8 personnes, un peu à l’étroit quand même. Les plus petits font dans les 6m, les plus grands 12m, mais la majorité est autour des 9m de long. Assez pour apporter du confort, mais aussi pour limiter un peu, si ce n’est la circulation (on est aux Etats-Unis après tout), du moins le stationnement en cœur de ville.

J’ai testé pour vous le class C de 28ft/9 m, à 4 dont deux grands ados, pendant douze nuit et, cerise sur le gâteau, en plein hiver ! Et j’ai validé… Pour être honnête, on n’en menait pas large avant de partir, à la perspective de nuits à -10 ou -15°C. Nous sommes dans les faits descendus à -17 à dormir comme des bébés. Pas question par contre, dans ces conditions, de dormir au milieu de nulle part : branchement à l’électricité indispensable pour assurer du chauffage toute la nuit !

Mais lorsque, comme la majorité des RVers, vous prenez la route entre avril et octobre, les Etats-Unis vous permettent de vous perdre dans l’immensité du territoire et de choisir votre spot idéal pour vous arrêter et dormir. Hors National Parks et State Parks, on peut passer la nuit un peu où on veut et seul au monde. Le Bureau of Land Management (BLM) propose notamment des emplacements en pleine nature mais signalisés et disposant parfois d’un barbecue. Pour ce qui est des National Parks, des emplacements sont prévus, avec plus ou moins d’installations (plutôt moins), mais avec en général un grand espacement et souvent une vue incroyable ou à deux pas des plus beaux points de vue au cœur des parcs. Ce ne sont pas les plus chers, mais les plus demandés, donc réservation à anticiper au moins 6 mois à l’avance – tout ce que j’aime !…

Pour avoir le full hook-up (voir glossaire en fin d’article) ou pour passer la nuit en ville, il vaut mieux viser les RV parks privés. KOA est le plus gros des US, avec une qualité extrêmement variable mais toujours de quoi recharger/ vider/ remplir… On trouve bien sûr des resorts avec piscines, restaurants, etc…

No worries, les campings pour RV ne manquent pas : environ 4500 RV parks sont répertoriés sur le territoire américain…

Goulding RV Park, UT

La dernière tendance ? HarvestHost fonctionne avec un abonnement annuel assez modique et a listé plus de 2700 emplacements proposés gratuitement par des vignobles, fermes, musées, en échange d’un achat volontaire de produits de la ferme ou visite. Pas testé mais j’adore l’idée !

En préparant votre road trip, vous trouverez aussi des Trailer Parks, notamment en ville ou proche d’agglomérations. S’ils peuvent dépanner ou offrir des solutions très abordables, ils sont avant tout utilisés pour du logement long terme. Le glamour et le fun du road-trip en RV ne doit pas faire oublier que 20 millions d’Américains (6% de la population) vivent dans des mobile homes ou des RVs posés sur socle, et dans des conditions plutôt précaires. La plupart arrivent avec leur maison portable parce qu’ils ne peuvent se permettre de se loger autrement. Le loyer mensuel d’un tel emplacement n’en est pas moins d’environ 500 $. Je vous invite à découvrir dans cet article un peu glaçant du Guardian l’essor et la haute rentabilité des trailer parks…

Puisqu’on parle de sous, ça vaut combien un RV? J’ai trouvé les moyennes suivantes, qui vous donnent un aperçu, car les données varient d’une source à l’autre :

La grande révolution de la location ces dernières années, c’est le “peer to peer”. Lorsque l’on sait que les propriétaires de RV ne les utilisent en moyenne que 19 à 22 jours par an, et qu’on constate les prix d’achat, il apparaît plutôt pertinent de louer son camping-car plutôt que de le laisser rouiller dans le jardin. Les deux leaders sur ce marché sont Outdoorsy et RVshare. L’avantage est d’une part un prix potentiellement inférieur (mais pas toujours), d’autre part l’accès à des RV plus récents et souvent beaucoup plus équipés qu’en location. Les plateformes sont bien fichues, proposent des assurances, des garanties, etc…

Dead Horse Point State Park Campground, UT

Néanmoins, lorsqu’on n’est pas un habitué du camping-car, et d’autant plus si on ne maîtrise pas complètement l’anglais, mais également si on veut dropper son RV à un point différent du départ, je recommanderais de jouer la sécurité avec les poids lourds du marché de la location : Cruise America et El Monte RV notamment. Chez Cruise America, pas de déco design, pas de télé, mais des camping-car construits spécialement pour eux, très costauds, très logeables ; un SAV joignable normalement à toute heure, et la possibilité d’une assurance “no deductible”, c’est-à-dire qu’en cas d’accident vous n’aurez absolument rien à payer. Ce sont a priori les seuls à proposer cette option. El Monte RV est un autre gros du marché, plus haut de gamme et logiquement plus cher. Pour un campervan coloré, on ira voir Escape Campervans.

AirStream, le chouchou !

Je sais, ce n’est pas un camping car, mais une caravane. Néanmoins, rien n’est plus éloigné de la caravane de Tonton Dédé que ce trailer design au look tout métal, à la fois vintage et futuriste. Il a traversé les décennies et a le vent en poupe malgré son prix… pas du tout vintage !

Dans la série des caravanes hors norme, on trouve le “fifth-wheel” (cinquième roue), qui a les dimensions et le confort d’un grand camping-car et qui, de par sa conception, est impérativement tiré par un gros “pick-up truck” (pick-up).

Décidé à sauter le pas ?

Voici quelques blogs et plateformes en anglais qui peuvent aider : GoRVingOutwanderRV Know-HowRV-camping

Parlez-vous RV ?

If not, voici le B.A.-BA, le kit de survie :

  • Full hook-up : c’est un emplacement pour camping-car qui comprend des branchements pour l’électricité, l’approvisionnement en eau et l’évacuation des eaux sales.
  • Boondocking : le fait de s’installer en pleine nature, tout du moins hors emplacement de camping.
  • Wallydocking : parce que je n’en avais pas entendu parler avant la préparation de cet article, et que ça peut dépanner, la chaîne de grandes surfaces Walmart autorise, dans une majorité de ses sites, les camping-cars à s’installer pour la nuit.
  • Grey water : les eaux d’évacuation de la douche et des éviers.
  • Black water : les eaux d’évacuation des toilettes.
  • Slide-out : extensions coulissantes sur les côtés de certains RV, permettant d’augmenter les surfaces quand on est à l’arrêt.
  • Pull-through : se dit d’un emplacement dans lequel on peut arriver par un côté et repartir de l’autre, donc sans avoir de manœuvre périlleuse à réaliser.
  • Dump station : dans les campings mais aussi dans de nombreuses stations services, réservoir souterrain dans lequel on peut évacuer ses eaux sales.

Bon voyage !


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